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Journée nationale de la Résistance

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Discours de M. François-Xavier PRIOLLAUD

Maire de Louviers
Lundi 27 mai 2019

***

Madame la Vice-présidente du Conseil départemental,
Monsieur le Conseiller départemental,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs représentant les Autorités civiles et militaires,
Madame et Messieurs les Présidents d’associations patriotiques,
Madame et Messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et Messieurs,

Un sursaut. LE sursaut, de fierté, de force et d’espoir dont la France avait tant besoin, pour retrouver son honneur, rester fidèle à son Histoire et redevenir maître de son devenir. Ce sursaut, ce fut celui d’un homme, le Général de Gaulle, qui depuis Londres, ce mardi 18 juin 1940, il y a 79 ans, lança un formidable message d’espoir au peuple de France.

Alors que le destin du pays est en train de vaciller, De Gaulle refuse de se résigner.

Le 18 juin, pour répondre à l’appel solennel lancé la veille par Pétain et intimant de « cesser le combat », De Gaulle prend la parole sur les ondes de la BBC.  Sa voix brise le silence des tabous : la défaite est essentiellement militaire, or la guerre est mondiale car dit-il, « la France n’est pas seule ».

Portes Drapeaux

En appelant les Français à refuser la défaite et à poursuivre la guerre par tous les moyens possibles, l’appel du 18 juin signe l’acte de naissance de la Résistance.

C’est la voix de la France libre, celle qui refuse la débâcle, la défaite et le repli sur soi que signifiait Pétain. Peu l’entendirent en direct, mais cette voix réussit à se propager peu à peu, relayée par la presse étrangère puis par la résistance qui commence à s’organiser dans l’hexagone.

C’est ainsi que le 18 juin 1940, la France quitte le camp des nations soumises et humiliées par les Nazis. Grâce à de Gaulle, notre pays retrouve son rang aux côtés du Royaume-Uni, avec les Etats-Unis et avec la Russie et rejoint, alors qu’il est encore temps, le camp de vainqueurs.

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis ce matin au square Albert 1er pour rendre hommage à l’esprit de résistance, en souvenir de tous ceux qui ont payé de leur vie notre liberté d’aujourd’hui. Nous sommes rassemblés, au-delà des clivages et par-delà nos différences sociales, culturelles, religieuses, philosophiques, pour faire en sorte que l’esprit du 18 juin continue de souffler sur notre destin.

En ce jour, vous me permettrez de rendre hommage à une grande figure lovérienne qui nous a quittés il y a trois ans. Je veux parler d’Etienne Lafond-Masurel qui entra en résistance, guidé par l’appel du 18 juin, au sein du réseau Alliance.

Le 12 juillet 1944, alors que les Alliés avaient débarqué trois semaines auparavant en Normandie, la région était à feu et à sang. Etienne Lafond était à son bureau à l’usine quand on est venu le prévenir que la Gestapo allait débarquer pour l’arrêter. Il aurait donc pu s’enfuir, explique-t-il, mais son épouse était partie de bonne heure avec sa fille pour se ravitailler à Surville. S’il s’était enfui, ils les auraient arrêtées à sa place et il aurait dû se rendre...

Alors il est resté, et a attendu calmement qu’ils arrivent...

Transféré à Fresnes, on l’embarque le 15 août 1944 dans le dernier train de déportés pour l’Allemagne vers l’enfer des camps : Ce sera Bunchenwald, puis Dora et enfin Ellrich.

Libéré par les Russes en avril 1945, Etienne Lafond ne pèse plus que 32 kilos. Rapatrié le 25 juin 1945 à l’Hôtel Lutétia à Paris, sa femme ne le reconnaîtra pas.

Etienne Lafond a eu cette force incroyable de témoigner dès 1945 dans un ouvrage remarquable intitulé « Survie ».

Il déclarera plus tard avoir fait son devoir en résistant à l’occupant, en survivant à la déportation et aussi en témoignant.

Croix Rouge Française

Mesdames et Messieurs,

L’histoire personnelle d’Etienne Lafond-Masurel, et au-delà les histoires de toutes celles et ceux qui ont résisté, nous apprennent combien le 18 juin n’est pas seulement une date. C’est un état d’esprit ; celui de cette volonté d’abord individuelle et ensuite collective, capable de déjouer tous les pronostics, à ce moment où dans la France défaite, c’est l’exode et le chaos. L’esprit du 18 juin, c’est celui des amoureux de la liberté, des passionnés de la démocratie. C’est la conscience et le réveil des humanistes qui ont placé au-dessus de tout le respect de nos valeurs fondamentales.

Au-delà des circonstances dramatiques du moment, l’appel du 18 juin tient sa force de sa portée visionnaire et universelle. Il est l’expression de trois valeurs fondamentales que sont la liberté, le courage et la fidélité. Il doit nous rappeler que nous ne devons jamais céder à la facilité de la passivité, et que devant l’adversité nous devons toujours nous mobiliser.

Sachons en effet conserver le sens de cet appel du 18 juin 1940 et surtout n’oublions pas la force de son message, que le Général de Gaulle a si souvent rappelé au cours de ses années de guerre avec ces mots :

« Malgré ses épreuves terribles, notre peuple se sait et se sent assez riche d’idées, d’expériences et de forces pour rebâtir comme il l’entend, l’édifice de son avenir ».

L’appel du 18 juin peut et doit rester notre boussole pour conserver la maîtrise de notre destin. Une boussole qui nous guide, qui nous inspire et qui nous rassemble.

Vive la liberté, Vive la République et Vive la France !