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Cérémonie commémorative du 19 mars

Publié le

Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc

Allocution de M. François-Xavier PRIOLLAUD

Maire de Louviers Lundi 19 mars 2018

Seul le prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs représentant les Autorités civiles et militaires,
Madame et Messieurs les Présidents d’associations patriotiques,
Mesdames et Messieurs les élèves de l’EPIDE de Val-de-Reuil,
Mesdames et Messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis ce matin au Square Albert Ier pour commémorer le 19 mars 1962, date du cessez-le-feu de la guerre en Algérie, et rendre ainsi hommage à la mémoire de toutes les victimes, civiles et militaires, de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc. C’était il y a 56 ans.

Déclenchée par les attentats du 1er novembre 1954, cette guerre ne prit officiellement ce nom qu’en 1999. Elle s’acheva, du moins « officiellement », par la signature des Accords d’Evian le 18 mars 1962 entre les représentants du Gouvernement français, conduits par Louis Joxe, et ceux du Front de la libération nationale algérien, le FLN.

Le 19 mars fut accueilli avec soulagement par une grande majorité de nos compatriotes et a ouvert au peuple algérien la voie de l’indépendance, qui sera proclamée le 2 juillet 1962.

Mesdames et Messieurs,

Nous honorons aujourd’hui toutes les douleurs et nous reconnaissons toutes les souffrances liées à la guerre d’Algérie et aux combats menés en Tunisie et au Maroc.

Sur un million et demi d’appelés du contingent, plus de 20 000 ont perdu la vie pendant la guerre d’Algérie. Les jeunes appelés, mobilisés pour une durée allant de dix-huit à trente mois, venaient de tous les milieux de la société française. Il y avait des ouvriers, des paysans, des instituteurs, des médecins.

La guerre d’Algérie et les combats au Maroc et en Tunisie, ce fut pour eux une forme d’adieu brutal à la jeunesse. Nous devons saluer leur sens du devoir et leur courage.

En lisant leur correspondance avec leur famille, on découvre que certains étaient d’une lucidité étonnante, décrivant avant l’heure la fin de l’Algérie française et de la colonisation. Et en même temps, d’autres montraient leur attachement quasi indéfectible à la présence française et au respect du drapeau français.

Mesdames et Messieurs,

Les accords d’Evian ont mis un terme à l’un des conflits les plus douloureux pour notre République. Un conflit, qui au-delà des victimes, a mis à mal les valeurs de la République.

Le cessez-le-feu du 19 mars 1962 ne signifie pas pour autant la fin des souffrances ; loin de là.

Pour nos compatriotes Français d’Algérie devenus « rapatriés », il a signifié l’abandon de leur terre natale et de leurs racines.

Pour les Harkis, qui n’imaginaient pas d’autre avenir que dans la France, leur fidélité fut un choix pour lequel ils ont payé un lourd tribut. Des vies entières ont été brisées par le silence et par l’oubli.

En cette journée nationale de mémoire, n’oublions donc aucune des victimes :

  • Les 250 000 à 300 000 morts dans la population algérienne,
  • Les 25 000 morts Français,
  • Les 65 000 blessés militaires,
  • Les 2 788 civils Français tués entre 1er novembre 1954 et le 19 mars 1962,
  • Les nombreuses victimes des attentats perpétrés par l’OAS,
  • Enfin, ayons ce matin une pensée pour ces milliers de Français et d’Algériens enlevés et disparus après le cessez-le feu.
François-Xavier Priollaud

Mesdames et Messieurs,

56 ans après les Accords d’Evian, les mémoires individuelles se sont livrées et c’est notre mémoire collective qui, petit à petit, se construit. Les historiens font leur travail et le temps, aussi, fait le sien. Pour reprendre les mots de l’historien Benjamin Stora, je dirais que « l’heure est maintenant venue du passage, de la mémoire douloureuse, de la blessure à l’apaisement ».

Le défi des commémorations de la guerre d’Algérie est bien d’éviter une « communautarisation de la mémoire ». Face au risque de s'enfermer encore aujourd’hui dans son propre rapport au passé, il nous faut réconcilier ces parcours individuels dans notre Histoire commune. C’est une condition pour réussir à nous projeter ensemble vers l’avenir.

Il nous faut en effet regarder vers l’avenir en exprimant notre volonté d’apaisement et de réconciliation dans la durée entre deux pays qui comptent une si longue histoire commune et un même idéal, celui de la paix.

La mémoire se transmet et l’espoir se donne. Nous avons, plus que jamais aujourd’hui, une responsabilité collective, de part et d’autre des rives de la Méditerranée, pour construire cette communauté euro-méditerranéenne qui peut devenir le ciment de la relation si singulière qu’entretient la France avec les pays voisins amis que sont l’Algérie, la Tunisie et le Maroc.

Vive la République !
Vive la France !