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11 novembre 2017 : allocution

Publié le

François-Xavier Priollaud prononce son discours Cérémonie commémorative de l’armistice du 11 novembre 1918

Discours de M. François-Xavier PRIOLLAUD

Maire de Louviers

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le député,
Monsieur le Conseiller départemental,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs représentant les Autorités civiles, militaires et religieuses,
Madame et Messieurs les Présidents d’associations patriotiques,
Madame et Messieurs les porte-drapeaux,
Messieurs les jeunes sapeurs-pompiers volontaires,
Mesdames et Messieurs de l’EPIDE et du Collège Ferdinand Buisson,
Mesdames et Messieurs leurs professeurs,
Mesdames et Messieurs,

"Vous serez de retour avant la chute des feuilles".

Cette prédiction de l’Empereur d’Allemagne Guillaume II résume parfaitement le sentiment général qui prévaut à l’été 2014. À Paris, Berlin ou Londres, tout le monde croit à une guerre courte. On sait pourtant combien la réalité sera différente.

Pour ceux qui ont pu revenir, il aura fallu attendre quatre longues années, quatre longs hivers jusqu’à ce lundi 11 novembre 1918, à 5h10 du matin où à l’intérieur d’un wagon isolé, dans la forêt de Compiègne, au carrefour de Rethondes, l’Armistice est signé, enfin.

À 11 heures du matin, les cloches de toutes les églises de France se mirent à sonner à pleine volée.

Ce 11 novembre 1918, il y a 99 ans, dans les tranchées, les clairons s’empressaient de sonner le cessez-le-feu, tandis que la Marseillaise retentissait du fond des poumons des Poilus. Ces derniers, épuisés par quatre années d’une guerre sans nom, assistaient à l’acte final d’un cataclysme mondial. "La plus monumentale ânerie que le monde ait jamais faite" : ce sont les mots du Maréchal Lyautey au déclenchement du conflit, en 1914.

De 1914 à 1918, la "Grande Guerre" aura fait dix millions de morts, principalement en Europe, tandis que vingt millions de personnes sont restées invalides ou sont décédées des suites de leurs blessures.

La France qui comptait alors 40 millions d’habitants, a perdu 1 million 400 000 militaires et 300 000 civils, auxquels s’ajoutent plus de quatre millions de blessés militaires.

Aussi, nous sommes rassemblés, réunis, recueillis ce matin pour honorer la mémoire des tous ces soldats français et alliés morts pour la France.

Entretenir le souvenir est d’autant plus important aujourd’hui qu'il n'existe plus de témoins ni d'acteurs directs du conflit, depuis la disparition du dernier Poilu, Lazare Ponticelli en 2008. C’est pourquoi je suis très sensible et très heureux de la présence ce matin parmi nous de jeunes collégiens qui honorent le devoir de mémoire.


Jeunes collégiens de F. BuissonMesdames et Messieurs,

Ici même, à Louviers, la guerre de 14-18 a marqué des générations entières.

Dans un ouvrage remarquablement documenté, récompensé par la mission du centenaire, la SED nous conte dans le détail la grande guerre des Lovériens.

C’est le 1er août 1914 que parvient à Louviers, comme dans toutes les communes de France, l’annonce de la mobilisation générale. Il est 16h20 lorsque le maire de l’époque, Raoul Thorel, reçoit le télégramme officiel émanant du ministère de la Guerre. Un roulement de tambour alerte la population qui accourt pour entendre un agent de police faire la lecture de la dépêche avant que ne soient placardées sur les murs de la ville les affiches invitant tous les hommes soumis aux obligations militaires à se conformer aux prescriptions de leur fascicule de mobilisation. En entendant le son du tambour, les Lovériens accourent "le cœur angoissé" comme le relate le journal l’Industriel de Louviers.

La déclaration de guerre entraîne la mobilisation de 1 200 Lovériens.


Les Lovériens furent nombreux sur le front. Et pendant ce temps, notre ville a largement participé à l’effort de guerre à travers l’accueil des réfugiés venus de Belgique ou des départements occupés, la création d’hôpitaux et d’ambulances militaires ou encore le cantonnement de troupes françaises et alliées.

Mesdames et Messieurs,

La Grande guerre est le produit des nationalismes. Or les nationalismes ne sont rien d’autre que des impasses. Ils nourrissent les haines d’hier et préparent les défaites de demain. La guerre de 14 a marqué l’entrée du monde dans le 20e siècle, celui-là même qui vit se concrétiser le rêve de Victor Hugo : je veux parler du projet européen.

Car l’Europe est cette réponse aux nationalismes fratricides entre les peuples d’Europe. Là où les nationalismes ferment, l’Europe ouvre. Là où les nationalismes emprisonnent, l’Europe libère. Là où les nationalismes divisent, l’Europe unit. Là où les nationalismes regardent derrière eux, l’Europe regarde devant elle.

Hier les présidents allemands et français ont inauguré le musée historique de la Grande guerre, au sommet du Hartmannswillerkopf, cet éperon rocheux que les armées de la République et du Reich se disputèrent âprement pendant la première guerre mondiale. Pour la première fois, les deux chefs d’Etat ont appelé ensemble à l’émergence d’une souveraineté européenne. Peut-être est-ce passé un peu inaperçu, mais c’est en vérité un pas de géant qui a été franchi hier. C’est un tabou qui finit enfin par tomber, non par idéologie mais par nécessité. Car l’Europe est devenue la condition de notre existence, sauf à vouloir devenir les spectateurs d’un monde qui nous échapperait.

On dit souvent que la Grande guerre a marqué le début du XXe siècle et que c’est le 11 septembre qui a marqué l’entrée dans le XXIe siècle. Mais peut-on se résoudre à un XXIe siècle condamné au terrorisme de masse, à cette guerre tellement lâche qu’elle ne dit même pas son nom ?

Le monde actuel n’a jamais été aussi proche de basculer. Il suffit d’une étincelle pour que la planète s’embrase à nouveau. On le voit bien avec la Corée du Nord ou au Proche-Orient. Alors nous avons absolument besoin d’une Europe plus forte, d’une Europe souveraine capable de peser dans l’évolution du monde. Voulez-vous confier votre destin à Donald Trump et à Kim Jong Un ? Moi non. C’est pour cela que je suis Européen.

Mesdames et Messieurs,

Commémorer l’armistice du 11 novembre nous appelle à nous souvenir de notre Histoire commune pour résister à la tentation de la guerre. Il est toujours plus facile de faire la guerre que la paix. Les commémorations sont de peu d’intérêt si elles se limitent à un exercice répétitif imposé par le calendrier ; un exercice répétitif mais non réfléchi. Au-delà de l’hommage et de la reconnaissance de la Nation à l’égard de tous ceux qui ont combattu hier pour notre liberté d’aujourd’hui, il s’agit de nous hisser, individuellement et collectivement à la hauteur de nos responsabilités actuelles pour contribuer à construire la paix.

Vive la République, Vive la France !