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Journée nationale de la Résistance

Publié le

Journée nationale de la Résistance

Discours de M. François-Xavier PRIOLLAUD
Maire de Louviers, Vice-Président de la Région Normandie

Dimanche 27 mai 2018

***

Monsieur le Conseiller départemental,     
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs représentant les Autorités civiles et militaires,
Madame et Messieurs les Présidents d’associations patriotiques,
Madame et Messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et Messieurs,

l y a 75 ans, le 27 mai 1943, se tenait la 1ère séance du Conseil national de la Résistance, sous la présidence de Jean Moulin à qui le Général de Gaulle avait demandé d’unir les différents mouvements de Résistance qui s’étaient spontanément constitués au lendemain de l’appel du 18 juin 1940.
L’instauration d’une journée nationale de la Résistance est l’aboutissement d’un long combat  mené par les associations pour que la Nation ait à l’endroit des Résistants la reconnaissance qui leur est due pour avoir refusé la défaite et l'occupation allemande ; pour avoir refusé le régime de Vichy et la collaboration ; pour avoir refusé la répression et l’antisémitisme.

« Agissez comme s’il était impossible d’échouer ». Ces mots sont de Winston Churchill et résonnent dans l’hommage que nous rendons aujourd’hui à ces hommes et ces femmes, épris de liberté qui, pour certains au prix de leur vie, ont fait le choix de jamais transiger avec les valeurs de la République.

Le décès au début du mois de mai de Claude Raoul-Duval, dernier représentant des Forces aériennes françaises libres, porte à six – sur un total de 1038 –  le nombre de Compagnons de la Libération  encore vivants. À travers eux, nous rendons l’hommage de la nation à toutes ces femmes et à tous ces hommes qui n’ont jamais douté que d’autres se lèveraient après eux, s’ils venaient à mourir. Il fallait qu’ils aient raison avant les autres pour que la Résistance ait raison de la barbarie nazie. Car, nous le savons, tout cela était loin d’être écrit. Et le temps qui passe ne doit pas rendre banal ce courage et cette foi inébranlable en l’avenir qui allait tellement à contre-courant du sens présumé de l’Histoire.

La Résistance, c'était la volonté de s'opposer de toutes ses forces, si minces fussent-elles, au régime de l'épouvante et de la terreur.
La Résistance, c'était le don de soi, de sa vie ; c'était l'acceptation de la souffrance, de la torture et des supplices.
La Résistance était un mouvement qui était mu par cette force incroyable de  transcender tous les clivages. Elle a mobilisé des personnes de tous âges, bien que souvent très jeunes. Elle a rassemblé toutes les sensibilités politiques, de gauche comme de droite ; toutes les sensibilités philosophiques et religieuses étaient représentées au sein de la Résistance.
Des étrangers ont combattu aux côtés des résistants français : antifascistes italiens, antinazis allemands et républicains espagnols réfugiés en France ; immigrés polonais et arméniens ; juifs apatrides. Tous avaient en commun et en partage ce refus de l'asservissement, non seulement pour leur génération, mais pour celles à venir ; c'était lutter pour que la jeunesse d'aujourd'hui s'exprime libre, épanouie et heureuse.

Dans notre région, 4 000 résistants Normands ont été déportés ; et mille ont été fusillés. À Louviers, on estime à environ 350 le nombre de résistants à l’automne 1943. Auguste Fromentin réalise  dans la clandestinité les premiers numéros du Patriote de l’Eure.
À Louviers comme ailleurs, la Résistance fut étroitement surveillée par la Gestapo. Un grand résistant lovérien, Etienne Lafond-Masurel, arrêté par la Gestapo, fut déporté dans plusieurs camps, dont Buchenwald et  réussira à en revenir vivant. Le destin du Commissaire Michel Arabeyre fut différent. Arrêté le 25 janvier 1944, accusé d’avoir délivré de fausses pièces d’identité, d’avoir eu des contacts avec les alliés en aidant les aviateurs et les parachutistes, il mourra en déportation le 2 avril 1945. Nous lui rendrons tout à l’heure hommage en observant une minute de silence.

Mesdames et Messieurs,
Alors même que le pays est encore occupé, que chacun est engagé sur le théâtre des opérations et risque sa vie à chaque instant, le Conseil National de la Résistance imagine déjà la France libre et un nouveau modèle social, démocratique et économique, négociant chaque point du programme selon les valeurs et les appartenances politiques, dans le dialogue et le respect. Au-delà de l’héritage que le CNR nous a transmis - je veux notamment parler de la création de la sécurité sociale et de la culture du dialogue social dans les entreprises -  nous devons aussi retenir de la Résistance l’accord de la Nation sur l’essentiel : la République et la démocratie.

L’héritage de la Résistance ne doit jamais cesser d’interpeller notre conscience citoyenne. Elle doit nous réveiller quand la maison brûle et que nous regardons à côté. Quelques mois avant de quitter ce monde, Stéphane Hessel publiait un pamphlet retentissant, intitulé « Indignez-vous ! ». On peut y lire les mots suivants : « Résistance et obéissance, voilà les deux vertus du citoyen. Par l’obéissance il assure l’ordre ; par la résistance, il assure la liberté ».

Vive la Liberté !
Vive la République !
Vive la France