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Cérémonie commémorative du 19 mars 2017

Publié le

Cérémonie commémorativeAllocution de M. François-Xavier PRIOLLAUD

Maire de Louviers
Dimanche 19 mars 2017

Madame la Vice-présidente du Conseil départemental,
Monsieur le Conseiller départemental,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs représentant les Autorités civiles et militaires,
Madame et Messieurs les Présidents d’associations patriotiques,
Messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis ce matin au Square Albert Ier pour rendre hommage à la mémoire des victimes, de toutes les victimes, civiles et militaires, de la guerre d’Algérie et aussi des combats en Tunisie et au Maroc.

Le 19 mars 1962 marque le cessez-le-feu officiel de la guerre d’Algérie, au lendemain de la signature des Accords d’Evian. Une guerre qui, sans dire son nom, aura duré près de 8 ans, et fait plusieurs centaines de milliers de morts.

Parmi les deux millions de jeunes français mobilisés, 24 000 ont perdu la vie en Algérie, 4 000 en Tunisie et au Maroc, et l’on dénombre 2 000 soldats disparus. Côté Algérien, ce sont plus de 500 000 civils et militaires qui ont péri dans ce conflit.

Ces huit années de guerre vont ébranler la République, transformer la France et bien sûr, changer le destin de l’Algérie, dont l’indépendance sera finalement proclamée le 5 juillet 1962.

55 ans ont passé ; et la guerre d’Algérie, reste une guerre coloniale dont les cicatrices ne sont pas encore complètement refermées. Elle nous rappelle à des souvenirs douloureux : des français ont dû combattre ceux qu’ils avaient côtoyés pendant des décennies. Les Harkis ont vécu une tragédie qui s’est prolongée bien après la fin des combats. Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants quittèrent leur terre ancestrale tant aimée et se retrouvèrent déracinés en Métropole dans l’indifférence générale.

Cette guerre, c’est l’histoire d’une génération entière, de part et d’autre des rives de la Méditerranée. Une guerre qui est venue bouleverser le cours de la République et qui, jusqu’à aujourd’hui encore, continue d’interpeller nos consciences.

Mesdames et Messieurs,

Dans la commémoration, il y a le partage d’un passé et d’une histoire commune qu’il nous appartient d’assumer complètement avec pour seul guide la recherche de la vérité. Car, même en période électorale, et je dirais surtout en période électorale, on ne solde pas le passé à coups de formule et de rhétorique. Tout cela est bien trop complexe, bien trop douloureux, pour se résumer à une vision binaire et manichéenne. Ce qui doit être respecté par tous, c’est la dignité de chacun. Et ce que nous pouvons retirer de cette période compliquée de notre Histoire, c’est une responsabilité collective à porter, ensemble, une espérance pour l’avenir.

Mais les temps présents incitent-ils à l’espérance ? La lucidité et la franchise nous obligent à répondre par la négative. Ce qui se passe en Méditerranée ces dernières années, sous nos propres yeux, est insupportable. En quelques mois, La mer Méditerranée, qui fut le berceau de tant de civilisations, est devenu le tombeau de ses peuples. Et le monde entier, et les Européens en particulier, peinent à sortir de leur impuissance pour changer le cours des choses.

Les printemps arabes ont nourri une formidable espérance. Mais cette espérance a rapidement sombré dans le chaos. En Syrie, en Libye, dans une moindre mesure en Egypte. Mais il y a en Méditerranée un pays qui maintient allumée la petite flamme de l’espérance. Ce pays, c’est la Tunisie. Aujourd’hui, nous rendons aussi hommage aux victimes civiles et militaires des combats en Tunisie, où je me suis rendu il y a trois semaines avec le président de notre région qui, à cette occasion a décoré des vétérans tunisiens qui avaient participé au débarquement en Provence pendant la 2de guerre mondiale. Si nous sommes partis en Tunisie, c’est pour soutenir le processus démocratique à l’œuvre dans ce pays. Nous y avons rencontré les acteurs de cette transition démocratique exemplaire qui se sont vu décernés le Prix Nobel de la Paix pour leur contribution décisive à la renaissance démocratique de la Tunisie.

Les Prix Nobel de la Paix tunisiens seront en Normandie la semaine prochaine, jeudi 23 et vendredi 24 mars à Caen, au siège du Conseil régional, pour le lancement des Journées « Normandie pour la Paix ». La Tunisie est même l’invité d’honneur de ces deux jours d’échanges et de débats ouverts au grand public en présence des plus grands spécialistes.

La « Normandie pour la Paix ». Le mot est prononcé : je veux parler de la Paix.

Car la recherche de la Paix, cela doit rester le sens ultime de nos commémorations patriotiques. Clémenceau a dit qu’il [était] plus facile de faire la guerre que de faire la paix. Et la situation du monde d’aujourd’hui, plus incertain que jamais, ne doit pas nous décourager à vouloir construire la paix, même si la tâche paraît insurmontable.

Voulons-nous transmettre à nos enfants un monde sans paix ? Allons-nous céder à la tentation de la résignation alors que d’autres avant-nous ont payé du prix de leur vie, notre liberté d’aujourd’hui ?

Il ne suffit plus de se réfugier dans des discours. Il faut désormais du courage. Parler de la paix ressemblait il y a encore quelques année un exercice de style. Cela devient aujourd’hui un engagement.

S’engager pour la paix, c’est refuser l’indifférence au monde qui nous entoure. Quand des milliers de réfugiés meurent noyés en Méditerranée sous les caméras de télévision du monde entier, plus personne ne pourra dire qu’il ne savait pas. Quand de telles atrocités se produisent, les frontières n’existent plus. Où, devrais-je dire, la seule frontière qui vaille, c’est celle des valeurs. S’engager pour la paix, c’est l’ambition politique que porte notre région, la Normandie, à travers ce nouveau programme d’action « Normandie pour la Paix » qui se traduira notamment par l’organisation chaque année à partir de juin 2018, en marge des commémorations du Débarquement, d’un forum mondial pour la Paix. Plus que toute autre région, la Normandie, de par de Histoire et de par ses valeurs est légitime à porter cette culture de la paix et de la liberté.

Mesdames et Messieurs,

En honorant aujourd’hui la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, nous ne participons pas seulement au nécessaire devoir d’une mémoire retrouvée. Nous posons un acte de réconciliation pour construire, ensemble, cette paix durable dont le monde en général, et la Méditerranée en particulier, ont tant besoin.

Vive la Paix,
Vive l’Europe,
Vive la République,
et Vive la France !